Monday, July 06, 2009

Lobbying : la réforme qui cache la forêt


Bon, ça c'est fait !
"Maintenant passons aux choses sérieuses", se réjouissent les accros du petit trafic d'influence entre amis. Mais attention, nous n'avons pas les mains sales nous ! fini la corruption à la papa, les valoches de billets, les filles à gogos (encore que ;-)). Maintenant pour acheter un élu, il suffit de faire du lobbying. Voilà, ça c'est cool ! c'est pro, c'est corporate, c'est éthique.
Mais attention aux escroqueries dans ce débat - compliqué en fait, car il ne s'agit pas d'être pour ou contre mais de savoir comment en démocratie distinguer ce qui relève d'un lobbying subi (pression, influence) d'un lobbying choisi (sensibilisation et collaboration..)

"Corruption" version new age diront certains, "pragmatisme économique", "avancée démocratique" arguent les autres.

Mais encore ? Concrètement, en quoi la distribution des badges décidée par le bureau de l'Assemblée nationale (gauche et droite confondues mais l'on est coutumier de la confusion des sentiments entre "républicains") en toute transparence (comprendre en catimini, sans débat, après la réforme du règlement votée par les députés eux-mêmes) serait-elle une avancée démocratique ?
Certes, on sort de l'opacité, mais pour mieux institutionnaliser une pratique contestable en fait..En tout cas contestée, j'entends par là : la libre circulation des lobbies à but lucratif dans les couloirs du Parlement.

Ok, on reconnait que des badges circulent déjà sous le manteau et que les cadeaux faits aux élus de la Nation, sont devenus un peu "old school", mais les règles éthiques définies ne freineront pas une pratique qui risque la surenchère. Autrement dit : ce n'est pas parce qu'il y a des abus, même une généralisation du "crime" qu'il faut le légaliser. Parce qu'à ce compte là,- exemple grotesque ?- pourquoi ne pas légaliser tous les sans papiers ?

Alternatives ..;

Pour faire preuve d'ouverture sur le monde extérieur (il est vrai que l'Assemblée compte un peu trop de White, de blancos, de débonnaires poilus de la cinquantaine avancée), il suffirait déjà que les élus représentent un peu mieux la société dans sa diversité, (entre autre grâce aux vertus du non cumul des mandats), mais qu'ils sachent aussi recevoir et prendre connaissance de l'avis des professionnels et organisations à but non lucratif par le biais d'auditions de commissions rendues publiques par exemple. Ou encore, on peut rêver, par la distribution exclusive des badges aux collaborateurs et stagiaires parlementaires. Autrement dit, dans le domaine du lobbying, d'appliquer la politique du choix (Yes we can !) au lieu de celle du laisser-faire.

Ben non, ça pas possible on préfèrera toujours freiner la liberté de circulation des hommes sans enfreindre celle des capitaux.

Ce qui me laisse penser finalement, que la loi du marché s'impose désormais au Parlement.

ps :
La position d'Anticor est normalement déjà en ligne : www.anticor.org
ainsi que celle du réseau ETAL qui regroupe de nombreuses associations qui (bizarement ?) ne constatent pas non que cette nouvelle réflementation sera un progrés démocratique pour la société civile et les syndicats..
Ajoutons l'expression forte et critique de Catherine Lemorton, députée de Haute Garone verte de rage- Enfin si l'on peut dire, elle est socialiste..

Monday, June 08, 2009

Européennes : l'alter-choix

Ni gauche, ni droite, bien au contraire..si on la regarde à la loupe et sans tropisme ni oeillère partisans, la lecture brute des résultats est un indicateur puissant de l'état de décomposition du paysage démocratique qui poursuit sa course depuis un long moment..
A savoir premièrement : une abstention record et surtout dans les zones socialement les plus fragiles (la moyenne régionale dans le Nord,l'outre mer, et les départements les plus en difficultés affiche une abstention supérieure à la moyenne nationale). De même, les quartiers populaires, sont ceux qui votent le moins. En revanche, partout où la sociologie des habitants correspond à un niveau de vie plus élevé, on vote mieux, on vote plus à droite et aussi plus écologique. Le vote droite et Europe écologie se situe donc surtout dans les couches supérieures les plus europhiles. Il constitue en cela, une forme de "vote socio catégoriel" (qu'on appelait aussi vote de classe autrefois), et une constante.

Ce qui frappe encore, c'est la perte de vitesse des partis politiques traditionnels au profit d'une offre émergeante, en rupture avec le contenu des politiques tout autant que ceux qui la font et leur pratique du pouvoir.

D'ailleurs, depuis des années, de nombreuses associations dont ANTICOR constatent une forme de rejet des politiques, des pratiques, des formes habituelles de débat qui s'est déjà traduite par une prime à la dissidence lors des dernières municipales où les candidats trop marqués (parachutés ou trop "soutenus") par leur parti ont été remerciés ou mis en difficulté..(www.anticor.org)
En portant des thèmes de campagnes nouveaux : lutte contre la corruption, paradis fiscaux lobbying, éthique, les organisations de la société civile ont fait émerger un diagnostic et surtout des réponses nouvelles aux grands problèmes économiques et sociaux.

Faute de les entendre, faute d'être sincère ni crédible, il va de soi que les grandes formations politiques ne pouvaient pas en tirer les dividendes électorales.
Car, et c'est un point de divergence avec les médias, et aussi l'expression partisane : l'Ump ou "le parti du président" comme certain le disent n'a pas gagné ces élections. Pas de quoi pérorer Le total de la majorité présidentielle réalise 28 % sur 40% du corps électoral. Si l'unité du message et du messager est une dynamique, cela ne constitue en rien un plébiscite.
Or, à laisser le dire, la démocratie risque de ne pas s'en remettre...
(Max Galo disait justement sur Canal le jour même que l'Italie avait toujours été le laboratoire politique de la Rome au fascisme, jusqu'à Berlusconi..sombre perspective en somme ! Cela dit, Max Galo, est une sorte de citoyen résigné à l'éternel recommencement de l'histoire politique, il a rejoint le clan du président.Comme quoi la résignation gagne même les élites les plus éclairées)

Quelles leçons tirer de ce scrutin ?

L'échec cuisant du PS était prévisible, faute d'avoir accompli non une simple rénovation mais une vraie transformation totale.
L'éclatement et la recomposition de l'opposition au "Sarkozysme" ne doit pas déboucher sur une recomposition de la gauche au sens du passé, mais tenir compte de l'éclatement de la droite, de l'attente exprimée par les citoyens. L'abstention implique sans doute de rendre le vote obligatoire (selon des conditions à définir : reconnaissance du vote blanc, procurations simplifiées etc).



Résultat des européennes : autre chose, autrement !


Au final, il semble que le résultat de la campagne européenne, et ce partout en Europe (avec notamment l'abstention et la montée des nationalismes) accrédite totalement le message alternatif que les associations ont souhaité faire passer : à savoir un profond rejet et une grande frustration à l'égard de la politique actuelle ; des projets, des pratiques eut égard à la situation démocratique et sociale que connait l'Europe, le monde.

Pire que du désintérêt, réunions publiques après réunions publiques les gens nous disent le plus souvent leur dégoût, leur désolation. Ils cherchent, en vain, le porte parole mobilisateur de leur colère et désespèrent de le trouver. C'est là qu'il s'agit donc de se prendre en main, soi-même de passer à l'acte et sortir de la torpeur de l'inactivité démocratique d'un citoyen "représenté".
La souveraineté doit surement devenir active et non plus seulement déléguée..
Leur choix ne sont pas toujours ni lucides, ni rationnels pour autant. La repolitisation passe t-elle dans ce qui fût autrefois l'éducation populaire et aujourd'hui la société civile ? En tout cas, l'Afrique a inauguré cette voix depuis longtemps. Est ce un bien ou un mal ? c'est une donnée, voilà.

- Ce résultat était largement prévu et prévisible depuis plusieurs élections où la volonté de changement radical est manifeste.

- Désormais,la politique se fait : soit du côté des plateaux TV, avec des méthodes marketing ; soit du côté de la société civile avec des pratiques citoyennes.

- Entre l'argent roi et l'énergie des réseaux se trouve peut être la clé d'une réponse politique ?


Il faudra donc choisir...
Ni gauche, ni droite ; la poussée des écologistes, l'expression des extrêmes, la faible participation confirment en tout cas que les critères de choix ont changé pour les citoyens de l'union européenne.

A défaut d'être entendue par les partis "traditionnels", il revient à la société civile de faire émerger plus fortement cette nouvelle offre politique !

Tuesday, May 19, 2009

Europe : ira ou ira pas ?

Mince alors : il faudra bien choisir. Or là, franchement, la motivation n'est pas forte. On est limite fataliste même. Et pourtant, l'Europe nous a si bien inspiré ces dernières années (le débat passionnant sur le traité constitutionnel). Et pourtant elle nous coute bien cher cette Europe !
Alors, je n'ai pas trop envie de (continuer) à les laisser faire n'importe quoi et surtout pas n'importe comment avec notre argent.
Pour prendre une décision -si déchirante, le meilleur moyen reste sans doute la méthode des colonnes :
Colonne négatif ;
Bon c'est clair, que ma petite voix dans le désert ne compte pas beaucoup.
Colonne positif :
en même temps c'est la somme qui fait l'intérêt général. Suffit de bouger avec son grand-père le dimanche.
Colonne A :
j'étais plutôt socialiste au départ mais ils nous ont déçus, trompés, mentis..(on refait pas l'histoire surtout vu la composition des listes, la prime aux absents etc)
Colonne B :
et pourtant j'en ai mare de Baroso, Berlusconi, et la bande à l'autre.
Colonne A :
le 7 juin j'ai piscine et comme j'ai déménagé, c'est compliqué de retourner à Clichy un dimanche matin (sans mon grand père)
Colonne B :
le dimanche faut bien faire quelque chose tant qu'on ne travaille pas (encore) il faut voter.Ah oui tiens ça c'est pour bientôt, et puis c'est justement la bande à l'autre et les directives qui rallongent le temps de travail...déjà on va arrêter les dégâts.

Ok j'irai, je sais pourquoi. Reste à savoir pour qui ?

Thursday, March 26, 2009

Piratage, ce délit imaginaire..


Le 30 mars prochain, les députés examineront la suite de la loi abusivement baptisée "création et internet" dont l'exposé des motifs énonce assez clairement la couleur : l'emploi des mots "pirates" et "surveillance" sont les plus fréquemment utilisés..On savait TOUS que notre cher Président était féru de culture (si si au point d'organiser un concert gratuit pour un montant de 1 million d'euros financé par le ministère de la Culture selon le 100% Mag de M6, dont un cachet de 50% pour un certain Johnny à l'occasion de la fet-nat'), mais au point d'en arriver à couper l'accès à l'internet (et tant qu'à faire le téléphone et la télé aux heureux bénéficiaires de services groupés) à celui qui aurait téléchargé "illégalement" de la musique en invoquant la "pédagoie"...
Comprenne qui voudra : c'est à se demander ce que la culture vient faire là dedans ?
Tiens, au fond, si Mam, notre -souriante- ministre de l'Intérieur venait défendre ce texte au nom de la "lutte contre la piraterie"..A moins que ce ne soit contre "le piratage". Enfin disons "la cyberpiraterie" ?
Bon essayons d'y voir clair, ainsi que nous y invite un récent papier du journal 20Minutes intitulé "vous avez dit pirates ?"



Décodage :

Un problème de lexique donc dans la formulation de l'objet de "lutter contre le piratage", car le piratage n'existe pas dans le Code Pénal. Seul existe le délit de contrefaçon auquel on assimile le téléchargement illégal c'est à dire au sens du gouvernement : non payant. Et cela veut dire que la gratuité (partage, don, troc) serait désormais (moralement du moins) prescrite dans un internet totalement marchand. (cf Lefebvre : "la gratuité c'est le vol".) Pourtant M. Lefebvre n'ignore pas que l'accès à la radio et même à certaines plateformes d'écoute en streaming est gratuit pour l'usager mais rémunérateur (certes pas assez encore) pour l'auteur (via la pub)!

Au sens général du 18° siècle le mot "piratage" désignait pourtant bien une réalité dans le langage courant, mais elle impliquait le fait de s'emparer, de piller une oeuvre pour en faire du profit. Que dire des pratiques dont la source est l'achat car le droit à la copie privée est payé par tout consommateur (oui une taxe sur chaque cd vendu si vous ne le savez pas) ? ou encore des échanges de données (savoirs, cours de maths,photos etc) ? Ces usages n'entrent pas dans la définition faite à l'époque.

Mais encore, l'usage répété par le rapporteur Riester du mot "piraterie" est totalement abusif sinon diffamatoire à l'égard de celui qu'il vise. Car, la piraterie est bien un délit pénal, et fait l'objet d'une convention des Nations Unies, visant quiconque chercherait à s'emparer par la violence... d'un moyen de transport sur mer. Rapport donc, très lointain avec ce qui se passe au large des côtes Somaliennes en ce moment.

On ne peut interner internet

Sans préjuger (ni la sous-estimer d'ailleurs) de la totale naiveté de certains de nos élus, on peut donc à tout le moins s'étonner qu'on invoque à tour de bras le "piratage" des oeuvres pour justifier la mise en place de nouvelles mesures répressives, surtout si celles-ci s'avèrent un rempart de papier contre la chute des ventes de CD par exemple et d'ailleurs largement compensées pour l'essentiel par l'essor du commerce en ligne via les plateformes payantes de téléchargement qui, au passage, s'avèrent, comme les cd, d'un grand profit pour les distributeurs (les maisons de disque), mais peu rémunératrices pour les auteurs.A cet égard, les grandes maisons de disques, sont aux artistes ce que la grande distribution est aux producteurs de fruits et légumes. Il serait temps de revoir les marges, ou sinon de favoriser l'échange direct. La star Cali va jusqu'à les qualifier de "voleurs". Beaucoup d'artistes se produisent eux-mêmes désormais et rencontrent leur public directement sur internet. Ceux-là, sont souvent contre l'HADOPI. Mais comme le tiers-Etat, on ne les entend pas. Pas encore.

Au royaume des borgnes donc..
Pourquoi (mais pourquoi?) ce mot sonne comme un couperet sur un acte dont seule la justice pourrait dire s'il est vraiment illégal ? et pourquoi créer, une Haute Autorité (l'HADOPI) d'exception en quelque sorte dont le rôle sera :

- de sanctionner le manquement à l'obligation de surveillance de chaque internaute (d'un téléphone portable aussi ?) devra sécuriser sa connexion par l'achat d'un logiciel filtrant anti-téléchargement, Mais pour ne pas être sanctionné s'il était pris la main dans le sac, il faudra établir que le dit outil aura été activé. Traduire : auto-surveillance + mouchard dans le logiciel + fichage des adresses de connexion IP pour identifier la source du téléchargement et envoyer un premier avertissement par mail

- de définir les conditions de ladite surveillance ( va t-on choisir pour nous quels sont les bons logiciels pour lutter efficacement contre cette vilaine cybercriminalité?)- quels sont ceux qui auraient alors la haute main sur le marché ?

- de labelliser les offres légales ; eh oui, la loi ne verrouille pas que les communication en ligne, elle nous dira aussi qu'elle est la bonne pensée culturelle. Joie de la pensée numérique unique marchande. Au profit de quels distributeurs ??? et au mépris desquels ? (bizarrement Free n'est pas dans la liste des partenaires du ministère qui a crée un site dédié à la propagande aux frais du contribuable : www.jaimelesartistes.fr)

- et surtout l'Hadopi pourra décider de couper votre internet avant et sans que vous n'ayez eu le temps, ni les moyens de vous défendre..quel bazar en perspective pour les offres groupées (téléphones, web, tv) C'est pourquoi les opérateurs de télécoms préfèrent une amende. C'est pourquoi, plusieurs députés ont déjà déposé des amendements en ce sens. Solution de repli ?..qui ne change rien au fond.

Bref, dans tout ce mic mac, pas un sou ne reviendra aux auteurs, artistes, interprètes.
Et même, d'autres moyens de se procurer des oeuvres à grande échelle se développeront. Ces moyens existent déjà et font la joie de ceux qui, rethorique oblige, s'auto-baptisent désormais "pirates".
Ainsi, l'expression est devenue "tendance". Compter un pirate parmi ses amis est un must have pour car le pirate, c'est le clandestin, le résistant des temps modernes,
Yeah !! ...Sauf qu'Albator ne connaissait sans doute rien au P2P, (que vient -il faire là-dedans celui-là au fait?)

On pourrait presque sourire devant le caractère obsolète, (limite touchant) des discours de la ministre qui affirme l'efficacité prétendument pédagogique d'une riposte graduée (la coupure ne vient qu'après l'avertissement attention) si la gênèse de ce projet n'était pas l'obsession du contrôle et l'asservissement par les puissants de ce monde de la civilisation numérique.(Ah des grands mots Séverine !)

On pourrait se dire que c'est encore du temps perdu mais que l'intention est louable s'il s'agissait vraiment d'aider la création. (Répétons-le : il faut dire que la culture est le grand cheval (de Troie) de bataille, du président de la République)
Et pour cause, ici et là, se multiplient les faits divers mettant en cause internet ; source du crime. Assimiler le téléchargement au grand banditisme comme on tente de le faire, et justifier progressivement les restrictions de communication en ligne participe, ainsi que l'illustre le dernier rapport RSF sur internet, d'une dégradation des libertés face dans un contexte de déflagration sociale,susceptible d'engendrer la mobilisation des citoyens, la rebellion même contre une forme d'ordre économique et financier qui entend continuer d'enrichir une élite au détriment des populations. Car ils ne veulent rien lâcher les bougres !

Et, s'il en fallait plus pour nous convaincre de la sournoiserie et la dangerosité de l'Hadopi : voici un extrait du communiqué de l'April (cette grande association milite pour le logiciel libre)
"Alors que le projet de loi Création et Internet est en cours d'examen à l'Assemblée nationale, l'April tient à souligner combien le contenu de l'article 9 bis constitue un manquement à la neutralité scolaire et commerciale de l'école. Cet article, qui condamne le téléchargement dans l'absolu, méprise le foisonnement d'œuvres en partage. Il désigne les technologies comme une menace, s'appuyant sur la vision partiale et biaisée d'industries n'ayant pas su s'adapter au numérique.

L'article 9 bis, introduit au Sénat1, prévoit que les élèves « reçoivent une information, notamment dans le cadre du brevet informatique et internet des collégiens [B2i], sur les risques liés aux usages des services de communication au public en ligne, sur les dangers du téléchargement et de la mise à disposition illicites d’œuvres culturelles pour la création artistique, ainsi que sur les sanctions encourues en cas de manquement à l’obligation définie à l’article L. 336-3 du code de la propriété intellectuelle et de délit de contrefaçon. Les enseignants sont également sensibilisés. »

Cela signifie que l'échange non marchand est un crime. Mais, attention un crime moral.
Formater les petits cerveaux de nos enfants, voilà comment prévenir la cybercriminalité.
Oui c'est sûr : internet TUE, comme la cigarette.

Alors comme ils ne peuvent (pas encore) rogner ma liberté de penser, j'émets une hypothèse :
Tout ça n'est pas Orson Wells. C'est juste une stratégie logique de gens qui protègent leurs intérêts partant peut être du constat que la révolution numérique, c'est juste la révolution.

Monday, February 16, 2009

Outre-mers*, autre France ?


Nous, la France !

Les outre mers s'enflamment. De l'autre bout de l'océan raisonne ce cri de colère contre les discriminations et contre la vie chère. Enfin, le son perce. Mais pour combien de temps et pour quels résultats ?

Ce qui est dit d'une voix limpide, celle d'Elie DOMOTA (notre Obama ? quel grand résistant en tout cas) c'est le rejet d'une corruption endémique.

-Corruption culturelle d'une France si lointaine et pourtant si maternelle qui cherche tantôt à uniformiser, tantôt à exclure.
- Corruption économique, par les rentes de situation monopolistiques des amis du "pouvoir parisien".
- Corruption démocratique et politique enfin par l'ingérence et le clientélisme qui font et défont les pouvoirs locaux sans aucun changement. On ne compte plus les condamnations ou les mises en examen pour abus de pouvoirs, détournements de fonds, et autres dans ces départements.
Bref corruption coloniale..


Je l'ai constaté aussi en voyage en Guadeloupe, mais aussi en Polynésie.
De tous les témoignages reçus, les prix si élevès tiennent dans des situations de monopoles de grands groupes parfois masqués par des filiales tropicales en forme de PME, des surfacturations (scandale de l'eau) à tout va,et des revenus souvent insuffisants qui maintiennent dans la dépendance-et l'assistance, les populations de ces régions. Cette lutte contre la corruption épouse donc le combat pour la dignité, et contre des discriminations faites à un territoire et surtout à certaines catégories des gens qui y vivent..
Nos banlieues, en pire, l'outre mer est ainsi considéré comme "exception" républicaine, tant sur le plan législatif (les lois faites sont toujours "spécifiquement adaptées", que fiscal "logique de niches, ou zones franches totalement inefficace et abritant toutes formes de dérives (pas de contrôle, peu de contraintes).


Au fond, il y a dans la crise qui galope d'îles en îles une trame existentielle, un désir d'appartenance et un message de rejet à la fois. Nous devrions écouter les deux.
Il y a au fond du dépit mêlant de l'espoir au sang de la déception. L'outre mer pourtant c'est la France, et donc la réciproque est vraie. Chacun doit se trouver solidaire et malheureux des évènements qui s'y déroulent en ces instants.
"De la dignité ! la Guadeloupe est en nous !" disent les manifestants. On comprend aisément qu'il est impossible de payer deux fois plus cher qu'en métropole l'essence ou l'eau quand on gagne deux fois moins. Surtout, il faut s'alarmer d'une mise sous tutelle, voir sous domination blanche, les clés de toutes les responsabilités économiques. Mais plus profondément encore que la crise sociale, c'est de l'âme d'un peuple dont il s'agit. Sa peine, ses souffrances sont les nôtres.
Face à cette quête viscérale et l'amertume qui exhume de tout un être entier, les antillais demandent l'égalité, la fraternité, mais aussi la liberté. Pas la charité. Encore moins l'assistance.
Ils demandent ce que demandaient les paysans, le tiers états, les sans rien du temps de la révolution : la fin des privilèges ! Et avec elle, non pas le largage, mais l'autodéveloppement. Non pas tant l'indépendance que la liberté dans une République qui reconnait enfin tous ses enfants.

C'est une foule mobilisée par la grêve générale, dont l'ampleur équivaut à l'échelle du territoire, à celle de mai 68 dans le pays, qui aspire à la reconnaissance au moins aussi fortement qu'elle aspire à l'amélioration de son niveau de vie.
Pourtant, le gouvernement au lieu de donner gain de cause aux revendications des salariés, donne l'impression de se servir du mouvement pour aider à nouveau les entreprises amies, par des cadeaux fiscaux, et une politique sans contrepartie, sans astreinte en faveur de ceux qui ont déjà tous les pouvoirs au risque de faire croître le front de rejet et une illusoire quête indépendantiste.
On prétend aider les pme, mais ce sont pour la plupart des filiales tropicales des grands groupes nationaux !
On répond "calme, négociation et laisser faire", mais le seul pouvoir de dire oui aux entreprises et non aux salariés constitue une faille dans le schéma prétendument libéral qu'il défend. Ce n'est pas de l'idéologie, mais d'éthique dont il est question.
La force de la cause ultra marine est quelle est celle de tout un peuple que se sent méprisé par une élite spéculant sur le chaos.
Faute de la prendre en considération, la lutte pour l'amélioration de la vie et contre les discriminations a déjà gagné tous ceux qui se reconnaissent comme victime ou solidaire de ces victimes par simple sens de l'humanité et par esprit de fraternité.

L'identité nationale réside dans cet assemblage coloré, pluriel, solidaire. Sans lui, la France n'est rien.
L'absence dit-on, agit sur l'amour comme le vent sur le feu. Il éteint les petits et ravive les grands.
Que dire de l'indifférence, de l'abandon, de la distance que l'actuel président de la République met dans la relation entre la France métropolitaine et la France ultra marine sinon qu'elle est coupable, et même gravement coupable ? celui dont les amis voulaient il y a peu encore réhabiliter la colonisation par la loi n'apporte pas la réponse aux aspirations profondes des couches populaires. Ni ici, ni là bas. Pas plus aujourd'hui qu'hier les solutions politiques envisagées à Paris ne répondent aux besoins des habitants. A défaut d'entendre le message prononcé, Nicolas Sarkozy sera responsable de la contagion de la réponse au virus parce qu'il est le président de trop en temps de crise. Au delà, c'est tout un univers politique qui doit se renouveler pour enfin ressembler et entendre la voix qui demande que ça change.
La France ; il y a ceux qui l'aiment et ceux qui la quittent. De ceux là nous ne serrons pas.
Amour vache sans doute, mais n'en déplaisent à celui qui en renie l'essence, les valeurs, les fondements : on y est, on y reste ! On résiste car La France est en nous. Voyez comme déjà sa flamme embrase l'océan.


* je précise la raison de l'emploi du pluriel pour ceux qui me l'ont demandée. De la même manière que je trouve mal approprié l'usage du singulier pour parler des banlieues, il me paraît salutaire de montrer la pluralité des outre mers. Du reste, c'est cette diversité que Christian Paul, ancien secrétaire d'Etat chargé de ces questions sous Jospin a toujours mis en exergue.

Wednesday, February 11, 2009

Israël : la bourse ou la vie

Le propre d'un billet d'humeur est sans doute la subjectivité. Le propre de ce blog est la quête obsessionnelle de la lucidité.

A cet égard, voilà comment j'estime "déminer" un peu le résultat des élections législatives en Israël. Ce résultat indique une chute sévère du camp travailliste (la gauche) une très forte poussée de l'extrême droite (ça fait mal de dire qu'il y a une extrême droite dans ce pays), mais surtout au final une percée sécuritaire.

Tout d'abord le contexte : rien de surprenant vu la stratégie de chaos à l'oeuvre ces dernières semaines avec les bombardements sur Gaza, vécus comme autant d'incitation à la haine par l'ampleur et les formes des frappes sur les écoles, hôpitaux, civils. En Israël, la peur du terrorisme, la peur de perdre la vie semble avoir pris le pas sur les revendications sociales portées par le camp travailliste. Et pour cause..

Le plus inquiétant est le ressort militaire de cette page électorale. Que Barak, ancien général, ancien premier ministre se trouve conforté, et que les plus proches de l'armée soient portés au pouvoir est le signe de la troublante militarisation du pays.
Ayons une pensée pour tous ces jeunes gens qui n'ont rien demandé, se retrouvent en arme, pendant trois ans et embrigadés dans un conflit qui paraît sans fin. Que pensent-il de la situation, sinon que ce n'est pas leur guerre ? c'est sans doute ce qui fait dire à Michel Bôle-Richard, correspondant du Monde à Jérusalem que "le processus de paix est mort" si Benyamin Nétanyahou est appelé à former un gouvernement, même si ce dernier "devra composer avec la volonté exprimée par Barack Obama de régler le conflit israélo-palestinien".(sources le Monde daté du 12.02.09)
En effet, si les frappes ont lieu avant ces élections, et surtout avant l'entrée en fonction de Barak Obama, c'est qu'il est sans doute assez mur pour revenir sur les accords militaires qui lient intrinsèquement les deux pays pour le meilleur et pour le pire..

La bourse ou la vie, ce fût apparemment le choix des Israëliens.

Nous ferions bien d'en parler car la stratégie de la peur, de l'affrontement et de la division sociale, éthnique, raciale est à l'oeuvre un peu partout. Plus on l'observe, moins on le trouve religieux ce conflit du Proche Orient. Et surtout, ce qui est triste, plus il échappe aux injonctions du droit et aux règles de la démocratie.

C'est sûr, nous ferions bien d'en prendre de la graine...ne pas flamber les banlieues, ne pas discriminer sa population, car le racisme vient d'en haut.
Non pas si haut,juste en dessous.

Monday, February 09, 2009

Omniprésident, donc omniresponsable !

Au risque de virer dans l'anti sarkosysme primaire (si si j'assume!) je trouve assez inquiétante la facilité avec laquelle notre "cher" Président nous ment en face.

Explications -rappel : en 2007, candidat du pouvoir d'achat et de la France qui se lève tôt, l'ancien maire de Neuilly remporte l'élection présidentielle. Dès les premiers mois de son entrée en fonction (fêtée comme il se doit au Fouquet's avec toute une clique d'amis issus du monde des affaires), il instaure le paquet fiscal (bouclier plafonnant l'impôt des plus grosses fortunes dont le coût annuel est estimé à 15 millions de manque à gagner de recettes fiscales pour la collectivité), met en place les franchises médicales, supprime des dizaines de milliers de postes d'enseignants, aides éducateurs, budgets aux associations, aux réseaux d'éducation pour les enfants en difficultés, etc. Dans la même période de "grandes conquêtes" sociales le président entreprend un chantier de "modernisation" des institutions pour un fonctionnement démocratique plus "transparent". Ainsi, il décide tour à tour de présidentialiser le régime politique, prendre le contrôle de l'audiovisuel public dont on supprime une ressource vitale, réduire le temps de parole des parlementaires donc de son opposition.
Mais le voilà aussi au coeur de la crise décider de moraliser le capitalisme financier et là que craindre de neuf ? Le voilà qui annonce la dépenalisation des affaires, la suppression des juges d'instruction, etc pour finir par la mort annoncée de la taxe professionnelle, outil de citoyenneté et contribution non négligeable des entreprises au financement des collectivités, et donc des services publics dont elles bénéficient.

(Petit zoom : la suppression de la taxe professionnelle aux entreprises a été annoncée pour répondre à un soit disant problème d'attractivité de la France (démenti par l'étude du cabinet d'audit Ernst & young qui évoque au contraire notre position leader (la troisième) en terme d'attractivité du territoire pour les entreprises du fait des services et infrastructures (transports etc pour les salariés et déplacements) au lieu de s'en prendre clairement à la spéculation, aux licenciements boursiers, de conditionner les aides au maintien ou à la création d'emplois. La mesure est accompagnée d'un laius sur le thème de la paupérisation de la classe moyenne entrainant la suppression de la première tranche d'impôt sur le revenu (ceux qui paient moins 327 euros par an, soit qui gagnent moins de 11000 euros environ, soit une - infime- minorité). Mais cette baisse d'impôt ne compensera jamais la hausse compensatoire de la taxe d'habitation ou la taxe carbone induite pour les ménages du fait de la suppression de la tp.)

On oublierait presque, l'argent "prêté" aux banques. Mais oui, dans le monde merveilleux de Nicolas Sarkozy, on prête de l'argent qu'on n'a pas. Ou plutôt, on risque de s'endetter un peu plus (à quel coût - la Cour des comptes vient de rendre un rapport alarmant, indiquant que dans quelques années la dette pourrait atteindre 80% du PIB . Comme aux US, la France sera t'elle demain aux mains des capitaux privés ou étrangers ?) auprès de ces mêmes à qui on va accorder un crédit rembourser à 8%?? euh voyons, y'aurait pas comme une sorte de coup de bonneto dans cette affaire ?


Enfin bref, tout ça pour dire à quel point la dernière intervention style anti bling bling "j'ai conscience du problème" si elle fût un bon exercice de com', ne répond pas aux attentes, besoins, problèmes des français. Pire, elle a de quoi nous inquiéter..

Quitte à faire de l'anti Sarkozysme, autant le motiver..
Hélas.